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janvier, 28 2026
Comment appelle-t-on les Français qui vivaient en Algérie ?

Si vous avez déjà discuté avec quelqu’un d’origine algérienne ou lu un livre sur l’histoire de l’Algérie, vous avez probablement entendu le terme pieds-noirs. Mais qui sont vraiment ces personnes ? Ce n’est pas juste un mot historique : c’est une identité, une mémoire, une rupture. Les pieds-noirs, c’est le nom donné aux Français et aux autres Européens qui ont vécu en Algérie pendant la période coloniale, surtout entre 1830 et 1962.

Qui étaient les pieds-noirs ?

Le terme « pieds-noirs » désigne principalement les descendants de colons français, mais aussi les Espagnols, Italiens, Malteses, et même des Juifs d’Algérie qui avaient obtenu la citoyenneté française en 1870. Ils vivaient dans les villes comme Alger, Oran, Constantine, mais aussi dans les campagnes, où ils travaillaient la terre, exploitaient les mines, ou dirigeaient des entreprises. À leur apogée, ils étaient plus d’un million en 1959 - presque 10 % de la population algérienne.

Ce n’étaient pas tous des riches propriétaires terriens. Beaucoup étaient des ouvriers, des commerçants, des instituteurs, des infirmières. Certains y étaient nés, comme Jean, né à Sidi Bel Abbès en 1945, qui ne connaissait que l’Algérie comme chez lui. Pour eux, l’Algérie n’était pas une colonie lointaine : c’était leur pays.

Comment le mot « pieds-noirs » est-il arrivé ?

Personne ne sait exactement d’où vient le terme. La théorie la plus courante dit qu’il vient des chaussures noires portées par les soldats français dans les années 1800, qui laissaient des traces de boue sur les sols algériens. Une autre version évoque les marques de suie sur les pieds des marins qui travaillaient dans les ports d’Alger. Quoi qu’il en soit, le mot a été utilisé pour la première fois dans les années 1920, mais il n’a pris une connotation large qu’après 1954, avec le début de la guerre d’indépendance.

À l’époque, les Algériens eux-mêmes appelaient souvent ces gens « colons », un mot chargé de sens politique. Les Français d’Algérie, eux, n’aimaient pas ce terme. « Pieds-noirs » leur semblait plus neutre, plus personnel. C’est ainsi qu’il s’est imposé, d’abord dans l’armée, puis dans la presse, et enfin dans l’histoire officielle.

La fin d’un monde : l’indépendance de l’Algérie

Le 5 juillet 1962, l’Algérie devient indépendante. En quelques mois, plus de 800 000 pieds-noirs fuient. Ils emportent ce qu’ils peuvent : une valise, des photos, un livre. La plupart n’ont jamais mis les pieds en France. Ils ne connaissent pas le nord de Lyon, ni les banlieues de Marseille. Pour eux, la France est une terre étrangère, où personne ne comprend ce qu’ils ont perdu.

Beaucoup sont arrivés avec rien. Des familles entières vivaient dans des camps provisoires, comme celui de Fréjus ou de Toulon. Les enfants allaient à l’école dans des baraquements. Les adultes travaillaient dans les usines, les chantiers, ou restaient au chômage. Leur identité était brisée. On leur disait : « Vous êtes français maintenant. » Mais ils se sentaient comme des étrangers chez eux.

Famille en train de faire ses valises dans une maison algérienne en 1962, face à l'exil forcé.

Les pieds-noirs aujourd’hui : une mémoire vivante

En 2026, il ne reste plus que 150 000 à 200 000 pieds-noirs en vie, la plupart âgés de plus de 75 ans. Leur histoire est souvent oubliée dans les manuels scolaires. Pourtant, elle est partout : dans les cafés de Marseille où l’on parle encore de la plage d’Alger, dans les associations comme l’Union des Français d’Algérie, dans les livres de Michel Rocard ou de Kateb Yacine.

Beaucoup ont retrouvé l’Algérie, après des décennies. Certains y vont en visite, en voyage culturel. Ils marchent dans les rues d’Oran, où leur maison a été transformée en hôpital. Ils visitent les cimetières où reposent leurs parents. Ce n’est pas un retour en arrière : c’est un deuil. Un deuil silencieux, mais profond.

Le lien entre histoire et tourisme culturel

Aujourd’hui, les séjours culturels en Algérie ne se limitent plus aux ruines romaines de Timgad ou aux kasbahs du Sud. De plus en plus de voyageurs français, et même des jeunes d’origine pieds-noire, veulent comprendre cette période. Ils visitent les quartiers de Bab El Oued à Alger, les anciennes écoles françaises, les marchés où leurs grands-parents achetaient leur pain.

Ces voyages ne sont pas nostalgiques. Ils sont attentifs. Ils veulent savoir comment les Algériens vivent aujourd’hui cette histoire. Ils veulent entendre les récits des familles qui ont gardé les clés de leurs anciennes maisons. C’est un dialogue lent, parfois douloureux, mais nécessaire.

École française abandonnée en Algérie, avec des chaussures laissées sur le sol et la lumière du jour entrant par les décombres.

Un mot qui porte une histoire

Le terme « pieds-noirs » n’est pas un mot banal. Il porte la douleur d’une expulsion, la fierté d’une identité, la complexité d’une colonisation. Il ne faut pas le réduire à un cliché. Ce n’est pas une communauté fermée, ni un groupe de nostalgiques. Ce sont des millions d’histoires individuelles : une mère qui a perdu son jardin, un père qui a travaillé toute sa vie dans une usine de la région de Sétif, une fille qui a grandi en parlant arabe avant d’apprendre le français.

En Algérie, on parle aussi de « Harkis », ces Algériens qui ont combattu aux côtés de la France. Leur histoire est séparée, mais liée. Ensemble, ils forment un pan entier de la mémoire franco-algérienne - une mémoire que les deux pays doivent encore apprendre à regarder ensemble.

Que faire aujourd’hui ?

Si vous voyagez en Algérie et que vous voulez comprendre cette période, ne cherchez pas seulement les monuments. Parlez. Entendez. Posez des questions. À un chauffeur de taxi à Constantine. À une vendeuse de thé à Sidi Bel Abbès. À un professeur à Oran. Ils vous raconteront des histoires que vous n’avez jamais entendues.

Il n’y a pas de réponse simple à la question « Comment appelle-t-on les Français qui vivaient en Algérie ? ». Mais la réponse, c’est l’histoire. Et l’histoire, ce n’est pas dans les livres. C’est dans les regards, dans les silences, dans les noms qu’on prononce encore, à voix basse, dans les familles.

Pourquoi les Pieds-Noirs ont-ils quitté l’Algérie en 1962 ?

Les Pieds-Noirs ont quitté l’Algérie après l’indépendance du pays, proclamée le 5 juillet 1962. Le traité d’Évian, signé en mars de cette année-là, a mis fin à la guerre d’indépendance, mais a aussi rendu leur situation impossible. Beaucoup craignaient pour leur sécurité, leur statut juridique, et leur avenir dans un pays désormais dirigé par les Algériens. Plus de 800 000 personnes sont parties en quelques mois, souvent avec seulement ce qu’elles pouvaient porter.

Les Pieds-Noirs sont-ils des Français d’origine ?

Oui, la plupart des Pieds-Noirs étaient des citoyens français. Certains y étaient nés, d’autres y avaient immigré au XIXe ou au début du XXe siècle. Ils avaient les mêmes droits que les Français de métropole : vote, éducation publique, accès à la fonction publique. Ce qui les distinguait, c’était leur lieu de vie : l’Algérie, considérée à l’époque comme une partie intégrante de la France, pas une colonie comme les autres.

Les Pieds-Noirs ont-ils perdu leurs biens en partant ?

Oui, la grande majorité a dû abandonner sa maison, ses terres, ses entreprises et ses biens. Les lois algériennes après l’indépendance ont nationalisé les propriétés appartenant aux Européens. Beaucoup n’ont reçu aucune compensation. Certains ont pu emporter des objets personnels, mais pas leurs maisons ni leurs fermes. Ce perte matérielle a été profonde, et elle a marqué les générations suivantes.

Les Pieds-Noirs sont-ils encore présents en Algérie aujourd’hui ?

Très peu. Quelques centaines de personnes d’origine européenne vivent encore en Algérie, souvent mariées à des Algériens ou ayant retrouvé le pays pour des raisons familiales ou professionnelles. Mais il n’existe plus de communauté organisée comme avant 1962. Les anciens quartiers européens sont aujourd’hui habités par des Algériens, et les églises ou les écoles françaises ont été transformées en lieux publics.

Pourquoi le terme « Pieds-Noirs » est-il encore utilisé aujourd’hui ?

Le terme est encore utilisé parce qu’il désigne une réalité historique et humaine précise. Il permet de parler d’une communauté qui a vécu une expérience unique, marquée par la colonisation, la guerre et l’exil. Même s’il est parfois critiqué, il reste le mot le plus reconnu pour désigner cette population. Il est aussi utilisé par les associations et les chercheurs pour préserver la mémoire de cette époque.

Étiquettes: pieds-noirs Algérie française colonisation exode des pieds-noirs histoire de l'Algérie
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