Le Sahara n’est pas un désert comme les autres
Quand on pense au Sahara, on imagine du sable à perte de vue, un soleil de plomb en journée et un froid glacial la nuit. Ce n’est pas un décor de film. C’est une réalité extrême qui peut vous tuer si vous vous y rendez mal préparé. Beaucoup de voyageurs arrivent avec des baskets, un t-shirt et une veste légère - et se retrouvent épuisés, brûlés ou hypothermiques en moins de 24 heures. Ce n’est pas une exagération. En 2024, un groupe de touristes français a dû être secouru dans le désert algérien parce qu’ils portaient des vêtements en coton et des chaussures en toile. Ils n’avaient pas compris que le désert ne se combat pas avec des habits de ville.
La règle numéro un : couvrir la peau
Le soleil du Sahara n’est pas comme celui de la Côte d’Azur. Il est plus intense, plus direct, et il brûle sans pitié. La peau exposée peut se brûler en moins de 20 minutes, même par temps nuageux. La meilleure protection, c’est la couverture. Les Touaregs, qui vivent là depuis des millénaires, portent des vêtements amples, en coton ou en laine, qui laissent passer l’air mais bloquent les rayons UV. Ce n’est pas une coquetterie, c’est une survie.
Optez pour des pantalons longs en tissu léger, pas en jean. Le jean retient la chaleur, sèche lentement, et devient lourd quand vous transpirez. Privilégiez les tissus techniques comme le polyester respirant ou le coton fin, mais surtout, évitez les matières synthétiques qui collent à la peau. Une chemise à manches longues, avec un col haut, est idéale. Si vous avez une écharpe en soie ou en coton, enroulez-la autour du cou et de la tête. C’est la solution la plus efficace contre le sable et le soleil.
Les couleurs qui sauvent
On a tous tendance à penser que le blanc est la meilleure couleur pour la chaleur. C’est vrai… mais seulement en partie. Le blanc réfléchit bien le soleil, mais il attire aussi le sable. Et le sable blanc, c’est un cauchemar. Les Touaregs portent du bleu, du marron, ou du gris - des teintes qui ne retiennent pas la poussière et qui se fondent dans le paysage. Pour vous, le marron foncé, le gris anthracite ou le bleu marine sont vos meilleurs alliés. Évitez le noir, qui absorbe la chaleur, et le blanc pur, qui devient sale en 10 minutes.
La tête : votre priorité absolue
Le cou, les oreilles, le front, le nez - autant d’endroits que vous oubliez de protéger. Une simple casquette ne suffit pas. Le vent du désert soulève le sable comme une tempête. Vous avez besoin d’un turban ou d’un keffieh. C’est ce que portent les guides locaux. Vous pouvez en acheter un en Algérie, mais mieux vaut en avoir un de chez vous, en coton fin et léger. Enroulez-le de manière à couvrir la nuque, les oreilles, et le bas du visage. Si vous avez une buff ou un masque respiratoire en tissu, utilisez-le. Il vous protégera des particules de sable et de la déshydratation.
Et n’oubliez pas les lunettes de soleil. Pas n’importe lesquelles. Des lunettes avec une protection UV 400 et un bon maintien latéral. Le sable réfléchit la lumière et peut causer une kératite photophobe - une inflammation douloureuse de la cornée. Je l’ai vu arriver à un voyageur qui portait des lunettes de soleil de 10 euros. Il a passé trois jours à l’hôpital.
Les chaussures : ce que personne ne vous dit
Les sandales ? Non. Les baskets ? Non plus. Les chaussures de randonnée classiques ? Pas idéales non plus. Le désert, c’est du sable mou, des cailloux tranchants, des roches brûlantes. Vous avez besoin d’une chaussure qui protège les orteils, qui a une semelle épaisse pour isoler de la chaleur du sol, et qui permet à l’air de circuler. Les chaussures de trekking en cuir léger, avec une semelle Vibram, sont parfaites. Elles existent en version à talon fermé et avec des mailles respirantes. Évitez les chaussures en toile. Elles se déchirent en deux jours, et le sable s’infiltre partout.
Et les chaussettes ? Deux paires. Une fine en soie ou en polyester pour éviter les ampoules, et une épaisse en laine pour la nuit. Le sol du désert peut atteindre 70°C en plein jour. La chaleur monte par les pieds. Si vous n’avez pas de bonne paire de chaussettes, vous ne pourrez pas marcher.
La couche du soir : le piège le plus courant
La journée, il fait 40°C. La nuit, il fait 5°C. C’est une chute de 35 degrés en quelques heures. Beaucoup de gens pensent qu’un pull suffit. Ils se trompent. La température chute vite, et le vent du désert est humide, glacial, et implacable. Vous avez besoin d’une couche intermédiaire en polaire ou en duvet léger, et d’une veste imperméable et coupe-vent. Même si vous pensez qu’il ne pleut jamais, le désert peut avoir des brumes matinales ou des orages soudains. Une veste en Goretex ou en technologie similaire est indispensable.
Ne voyagez pas avec un sac à dos léger. Vous avez besoin d’un sac de 30 à 40 litres pour y mettre vos vêtements de nuit, votre couverture, votre gourde, et vos affaires de secours. Un sac trop petit, c’est un risque.
Les erreurs à ne jamais commettre
- Ne portez pas de coton blanc : il retient la transpiration et ne sèche pas.
- Ne mettez pas de chapeau de baseball : il ne protège pas la nuque ni les oreilles.
- Ne prenez pas de tongs : vous marcherez sur du sable brûlant et des cailloux tranchants.
- Ne laissez pas votre téléphone ou votre caméra à l’air libre : le sable les ronge. Utilisez des étuis étanches.
- Ne sous-estimez pas la déshydratation : buvez 4 à 5 litres d’eau par jour, même si vous n’avez pas soif.
Les accessoires indispensables
En plus des vêtements, vous avez besoin de :
- Un grand bandana ou foulard en coton (2 pièces minimum)
- Des lunettes de soleil UV 400 avec protection latérale
- Un masque respiratoire en tissu (pour les nuits de sable)
- Des gants légers en coton (pour tenir les guides ou les rochers chauds)
- Un sac étanche pour les affaires de nuit
- Un petit sac à dos de 10 litres pour les excursions du jour
Comment s’habiller selon les saisons
Le Sahara n’est pas le même en hiver qu’en été. En janvier, la température peut descendre à 0°C la nuit, même si le jour il fait 25°C. En juillet, elle peut monter à 50°C. Voici ce qu’il faut porter selon la période :
| Saison | Journée | Nuit | Accessoires clés |
|---|---|---|---|
| Janvier à mars | Coton léger, chemise à manches longues, pantalon | Polaire, veste coupe-vent, turban épais | Gants, chaussettes en laine, masque respiratoire |
| Avril à juin | Tissu technique, chapeau large, lunettes UV | Polaire légère, veste imperméable | Bandana, gourde de 3L, crème solaire |
| Juillet à septembre | Chemise en lin, pantalon respirant, chapeau | Robe légère, couverture thermique | Chaussures à semelle isolante, masque anti-sable |
| Octobre à décembre | Coton léger, veste légère | Polaire, veste coupe-vent, turban | Chaussettes chaudes, gants, sac étanche |
Le saviez-vous ?
Les Touaregs portent des vêtements bleus non pas pour la mode, mais parce que le pigment du teinture naturelle (l’indigo) a des propriétés réfléchissantes et anti-UV. Ils ne se lavent pas souvent - pas par paresse, mais parce que chaque lavage élimine une couche de protection naturelle contre le soleil. Leur vêtement devient une seconde peau. Vous n’avez pas besoin d’aller aussi loin, mais vous pouvez apprendre d’eux : moins, c’est plus. Un bon vêtement, bien utilisé, vaut mieux que cinq mauvais.
Que faire si vous avez déjà fait une erreur ?
Vous êtes arrivé avec des baskets et un t-shirt ? Pas de panique. Mais changez dès que possible. Les marchés locaux en Algérie, comme celui de Ghardaïa ou de Timimoune, vendent des vêtements traditionnels à des prix abordables. Un turban en coton coûte moins de 5 euros. Une chemise en lin, 10 euros. Et vous aurez la chance d’échanger avec les habitants. Ils vous diront ce qui marche vraiment.
Conclusion : l’habillement, c’est votre bouclier
Vous n’allez pas au Sahara pour faire du shopping. Vous y allez pour vivre une expérience unique. Mais cette expérience ne sera possible que si vous êtes en sécurité. Vos vêtements ne sont pas un détail. Ce sont vos premières armes contre les éléments. Si vous les choisissez mal, vous ne verrez pas le coucher de soleil sur les dunes. Vous serez dans votre tente, à trembler ou à brûler, à regretter d’avoir sous-estimé le désert.
Est-ce qu’on peut porter des shorts dans le Sahara ?
Non. Les shorts exposent les jambes au soleil et au sable. Même si la chaleur est intense, la peau se brûle rapidement. Les Touaregs portent des pantalons longs pour une raison : ils protègent. Même en été, optez pour un pantalon léger en tissu respirant. C’est plus frais que des shorts.
Faut-il acheter des vêtements avant de partir ou sur place ?
Apportez vos vêtements techniques de chez vous : chaussures, lunettes, veste coupe-vent. Pour les accessoires comme les turbans, les écharpes ou les chemises, achetez-les sur place. Les marchés d’Algérie proposent des tissus locaux de haute qualité, à des prix 3 à 5 fois moins chers qu’en Europe. Et vous soutenez l’économie locale.
Comment laver les vêtements dans le désert ?
Vous ne les laverez pas. Le sable s’infiltre partout, et l’eau est rare. Portez des vêtements en tissus qui sèchent vite et résistent à la saleté. Changez de sous-vêtements chaque jour, mais évitez de laver les autres pièces. Une fois revenu, lavez-les à l’eau froide avec du vinaigre blanc pour éliminer le sable. C’est plus efficace que le savon.
Les vêtements en soie sont-ils une bonne idée ?
Oui, mais seulement pour les couches internes. La soie est légère, respirante, et très efficace pour éviter les ampoules. Mais elle ne protège pas du soleil. Utilisez-la comme sous-vêtement, sous une chemise en coton ou en lin. Ne portez pas de soie en surface : elle se déchire facilement et ne résiste pas au frottement du sable.
Quelle est la meilleure marque pour les vêtements de désert ?
Il n’y a pas de « meilleure marque ». Ce qui compte, c’est la matière et la coupe. Privilégiez les marques de trekking comme Columbia, Patagonia, ou Decathlon (modèles Terre d’Aventure). Mais vous pouvez aussi acheter des vêtements locaux en Algérie : ils sont conçus pour le climat, et souvent mieux adaptés que les produits occidentaux. La qualité est souvent supérieure, et le prix, bien plus juste.